  La civilisation inca : Présentation générale Lorsque les Espagnols arrivèrent au Pérou en 1532, les Incas avaient établi leur domination sur les terres hautes et le piémont côtier des Andes. Leur empire s'étendait depuis le Cuzco jusqu'à la Colombie du Nord, jusqu'au Chili et l'Argentine au sud. Lorsqu'au XIIIe ou XIVe siècle de notre ère une petite tribu montagnarde jeta dans la vallée du Cuzco, à quelque 3400 m d'altitude, les bases du plus vaste empire de l'Amérique précolombienne, plus de 10 civilisations s'étaient déjà succédé sur les hautes terres et les déserts qui s'étendent de l'Équateur à la Bolivie.
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| Les conquérants incas, tard venus sur la scène andine, héritaient d'une tradition vieille d'environ 4000 ans. Au siècle dernier, on leur attribuait indistinctement toutes les ruines du Pérou et de la Bolivie, ainsi que d'innombrables poteries et tissus que nous livrait le pillage des immenses nécropoles de la côte. Nos sources historiques n'accordant qu'à l'empire inca qu'une durée de quelques siècles, les civilisations andines apparaissaient sans profondeur. Assigner à leurs origines les débuts de l'ère chrétienne était presque une audace.
L'éclat de leur civilisation atteignait Panama, et il parvenait même aux lointains rivages atlantiques du Brésil sous la forme d'outils de cuivre ou de parures d'or et d'argent transportés de tribus en tribus à travers la forêt amazonienne. De toute l'Amérique méridionale, seule la Terre de feu échappait à la fascination de leur magnificence qui devait donner naissance au mythe del Dorado quand les Européens la subirent à leur tour.
Cependant, les Incas avaient connu des origines obscures et des débuts difficiles dans une région où ils firent longtemps figure d'intrus. Leur expansion n'avait commencé que vers le milieu du XVe siècle, sous le règne de Pachacuti, neuvième souverain de Cuzco. Bien que tardive, elle leur avait rapidement assuré l'héritage d'une tradition culturelle qu'au cours d'un passé plusieurs fois millénaire, bien des peuples avaient contribué à forger et à enrichir. En raison de l'absence de sources écrites, et du fait que l'interprétation des fameux quipus ou " cordelettes noués ", et la reconstitution du passé étaient tributaires de la mémoire ou de l'imagination des hommes qui furent interrogés par les premiers chroniqueurs espagnols, aucune date, aucun événement concernant l'histoire des Incas ne peuvent être tenus pour certains.
À l'origine, le nom Inca qui signifie " roi " ou " empereur " (Sapa Inca) ne s'appliquait qu'au souverain de ce peuple qui, par sa vaillance et son génie organisateur, conquis au XVe siècle de notre ère, à partir de la région du Cuzco, la plus grande partie du Pérou, de l'Équateur et de la Bolivie, ainsi que le nord du Chili et de l'Argentine. Survinrent au siècle suivant les conquistadors espagnols qui désignèrent par ce terme la classe dirigeante de l'empire, membre de la famille de l'Inca, nobles, prêtres et administrateurs. Ces derniers devaient cependant être bientôt pourchassés et massacrés par les nouveaux maîtres des Andes : la plupart de leurs lignages, en effet, s'éteignirent progressivement dans la seconde moitié du XVIe siècle.
Aujourd'hui, le terme d'Incas recouvre les différents peuples qui, pendant plusieurs millénaires, édifièrent une remarquable civilisation sur les hauts plateaux du Pérou et de la Bolivie. Les maçons qui oeuvrèrent à Machu Picchu pour le compte de des puissants souverains du Cuzco étaient en fait les héritiers des innombrables générations d'artisans des royaumes andins ayant précédé l'empire inca. Le premier " Inca " n'était, en réalité, que le chef d'une petite tribu indienne de langue quechua qui occupait les environs du Cuzco vers l'an 1200 de notre ère. Tenu pour le fils du Soleil " Inti ", il était vénéré à l'égal d'un demi Dieu. Ce n'est qu'une centaine d'années avant l'arrivée de Pizarro et les conquistadors que le neuvième Inca repoussa les frontières de ces états jusqu'à l'actuel Équateur, au nord, et jusqu'au Chili central, au sud. Au vrai, l'empire inca venait d'atteindre son apogée et d'entamer son déclin lorsque les Espagnols débarquèrent sur les côtes du Pérou en 1527. S'ils avaient touché terre à l'époque du grand Inca Pachacuti vers 1450, les conquistadors auraient probablement été rejetés sur le champ à la mer. En fait, ils prirent pied au Pérou alors que l'empire était déjà affaibli par une longue guerre civile. Le Cuzco, la capitale de l'empire inca (mot qui signifie "nombril du monde" en langue quechua), et l'un des hauts lieux de l'histoire humaine. À l'époque de la conquête espagnole, il constituait la plus importante cité du continent américain. Édifiée sur une hauteur surplombant la ville la forteresse cyclopéenne de Sacsahuamán a servi de refuge aux Cuzquéniens pendant plusieurs siècles.
Le 16 novembre 1532, à la tomber du jour, l'Inca Atahualpa était arraché de sa litière au milieu de ses gardes et capturé par Francisco Pizarro. Son armée, taille en pièces par une poignée de cavaliers, se perdait dans la nuit. En trois heures à peine, la puissance du plus grand État d'Amérique précolombienne était définitivement brisée. La chute de l'empire des Incas précéda la mort une civilisation dont même les rudes aventuriers qui la détruisirent avaient perçu la grandeur. Le guet-apens qui ouvrit aux Espagnols la porte des richesses du Pérou marquait la fin d'une longue quête.
Dès le début du XVIe siècle, les Espagnols, de plus en plus nombreux à débarquer sur les côtes de la Castille d'or, connaissaient " la grande nouvelle " et étaient sur la piste d'au-delà, des montagnes et des forêts. Selon la tradition, ce serait Balboa qui, avant de découvrir le Pacifique et d'en prendre possession au nom du roi d'Espagne, aurait le premier entendu parler de ce mystérieux pays. |  |
|  Les origines : La construction de l'Empire inca |  Malgré les recherches archéologiques récentes qui ont un peu éclairé le monde andin précolombien, l'origine de la civilisation inca demeure obscure et mystérieuse. Toutefois, on sait que parmi les petits États nés pendant l'intermédiaire récent dans la région du Cuzco, il y en a un qui s'est imposé, d'abord par les armes, puis par la culture. Grâce surtout aux récits espagnols du XVIe siècle on connaît bien les Incas de l'époque impériale, en revanche on ne sait rien ou pas grand-chose de la formation de cette ethnie et de la façon dont elle imposa son hégémonie. L'histoire de cette civilisation est empreinte de légende de tradition orale et les fouilles archéologiques n'ont donné pour l'instant que des résultats limités. Parmi les légendes qui circulaient à la cour de Cuzco durant la conquête, il y en a une qui revenait plus fréquemment : elle parlait d'un couple d'ancêtres fondateurs de l'ethnie Inca, le héros civilisateur Manco Capac et sa soeur- épouse Mama Occlo. Sortis des eaux du lac du Titicaca sur les ordres du dieu Soleil Inti-Viracocha leur père, Manco Capac et Mama Occlo se rendirent à Cuzco pour répandre une culture nouvelle. Manco Capac s'arrêta dans la vallée de Cuzco, là où une baguette d'or, qu'il lançait de temps à autre pour connaître la nature du sol, s'enfonça profondément dans la terre . Il construisit une hutte aux toits de chaume à l'endroit du futur Temple du soleil, le palais d'or. Les communautés de la région n'accueillirent pas de bon gré les envahisseurs, mais, devant la vigoureuse résistance Manco Capac, ils renoncèrent à aller chasser. Une autre version du mythe raconte que les fondateurs de l'empire étaient quatre frères dotés de pouvoirs magiques, les Ayar, qui avait essayé de coloniser le Cuzco avec leur soeur épouse. Après maintes tentatives, un des frères, Ayar Manco, survécut avec sa soeur Mama Occlo et ensemble, ils fondèrent la capitale du futur empire. Les Incas racontaient aussi d'autres légendes mineures qui, toutes, s'appuie si certainement sur une réalité historique, mais celle-ci est bien difficile à déchiffrer car les sources écrites font complètement défaut. Il en va de même pour la question de la succession des empereurs incas. La liste dressée après la conquête espagnole comprend 13 noms. Le premier chronologiquement et celui de Manco Capac, et le dernier celui de l'Inca Atahualpa. Mais ce n'est qu'à partir du neuvième souverain nommé Pachacuti Yupanqui, que les dates et les événements peuvent être considérés comme réalistes, authentiques et historiquement vérifiables.
Ce monarque monta sur le trône vers 1438 après Jésus-Christ. Jusque vers la moitié du XIIIe siècle de notre ère, les Incas n'étaient donc qu'une des nombreuses ethnies vivant dans les vallées proches de la future ville du Cuzco. Il a fallu plusieurs décennies et quelques grands succès militaires pour qu'ils s'organisent en une sorte de " Seigneurie". Vers 1400, ils réussirent à créer un véritable État. Cette évolution s'explique par la menace constante qu'exerçait sur eux la tribu Chancas, un peuple belliqueux installé dans la vallée du Pampas. Inquiets devant l'expansion des nouveaux potentats des vallées méridionales, et après avoir chassé les Quechuas de leur territoire, les Chancas résistèrent avec acharnement aux Incas dont ils tentèrent d'entraver la redoutable ascension militaire et économique. Mais ils connurent une cuisante défaite en 1438.
Pachacuti monta sur le trône, mit fin au conflit avec ladite tribu et il reçut après cette éclatante victoire le titre prestigieux d'Inca. L'homme établit alors sa capitale dans la ville de Cuzco et mit en place dès lors une véritable politique expansionniste qui le poussa à étendre son pouvoir sur toutes les régions avoisinantes. Ces entreprises militaires ont constitué une première étape vers la création du futur grand empire. Vers 1450, il assujettit le peuple Collas, un grand rival, installé sur les rives du lac Titicaca (leurs descendants, les Indiens Aymaras, sont d'ailleurs réputés pour leur esprit martial et leur courage) puis il annexa la région d'Arequipa, jusqu'au sud de la côte péruvienne. Au nord, il imposa son autorité jusqu'à la ville de Cajamarca, à 1000 km de Cuzco, dans une région où vivaient des tribus hostiles et belliqueuses. Entre-temps, il mit fin à une révolte du peuple Chancas. Redoutant l'avancée des Incas, le dernier souverain du fastueux royaume de Chimor, sur la côte septentrionale, lança ses troupes contre l'empereur, mais il dut se résoudre à la capitulation. L'armée des Incas poursuivit ses campagnes militaires vers le nord, jusqu'à la région de Quito qui fut également annexé à l'empire ainsi que quelques contrées équatoriennes. Une fois ces troupes revenues à Cuzco, Tupac Inca succéda à son père au pouvoir et continua sa politique expansionniste. À la fin de ses 22 années de règne, il était parvenu à contrôler la plupart des régions des Andes méridionales ainsi que des territoires aujourd'hui chiliens Boliviens et argentins. Il fut assassiné et c'est son fils qui lui succéda en lançant plusieurs expéditions dans le nord du pays afin de le réduire à néant les nombreuses rébellions des peuples asservis, dont beaucoup s'étaient révoltés dès le début contre l'hégémonie du peuple Inca. Le nouveau monarque, Huayna Capac compris qu'il n'était pas aisé de commander un empire aussi étendu, composé d'ethnies éparses, de langues différentes, et de coutumes variées. Et puis un autre problème alarmant vint perturber la situation politique et militaire : une épidémie terrible frappa la population causant ainsi la mort de plusieurs centaines d'individus. On pense à ce jour qu'il s'agissait d'une épidémie de variole transmise par les indigènes aux Espagnols déjà installés à Darién, l'actuel isthme de Panama, et qui par l'intermédiaire des marchands, était arrivé au sud du Pérou. Perturbée depuis longtemps par la situation difficile et par les rumeurs selon lesquelles des hommes blancs et barbus, montés sur d'étranges animaux, avaient débarqué sur son territoire le souverain tomba malade et décéda en 1528.
Après ce brillant apogée militaire et politique, l'empire Inca souffrit un vif revers, marqué par des luttes fratricides entre les deux fils du souverain défunt, Huascar héritier légitime et Atahualpa. L'avidité insensée et la jalousie furent à l'origine d'une guerre intestine et affaiblirent grandement le pouvoir Inca, ouvrant ainsi une brèche dans laquelle les conquérants espagnols allaient pouvoir s'engouffrer pour mettre définitivement fin à l'Empire des Andes.
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|  L'organisation administrative de l'Empire inca ou "Tahuantinsuyu" | Au centre de l'Empire inca se trouvait la capitale, Cuzco, situé dans la vallée fertile des Andes semi-méridionales, à une altitude d'environ 3400 m au-dessus du niveau de la mer. Cuzco était la demeure de la lignée royale des Incas, d'où provenaient la douzaine de rois qui ont gouverné l'Empire du début du XVe siècle jusqu'à la conquête espagnole des Andes en 1532. La population de la ville, et par extension de l'ensemble de l'Empire, était divisé en quatre districts rituels et administratifs, nommés Suyus (" parties " ou " quartiers "). En commençant par le nord-ouest, et selon le mouvement des aiguilles d'une montre, les quatre quartiers étaient nommés Chinchasuyu (au nord), Antisuyu (à l'est), Collasuyu (au sud) et Cuntisuyu (à l'ouest) .Les quartiers étaient le produit d'une intersection compliquée de deux divisions duels à l'intérieur de la ville de Cuzco. Le Cuzco, résidence de l'Inca, figure en conséquence le centre de l'empire. La capitale est, elle aussi, divisée en quatre quartiers, qui portent le nom des quatre grandes provinces, suivant les mêmes orientations spatiales. Ces quartiers sont regroupés deux à deux pour former deux moitiés opposées : Hanan Cuzco ou Haut Cuzco, et Hurin Cuzco ou Bas Cuzco. Cette division dualiste comporte une signification religieuse et surtout règle les liens de parenté. Or, ce sont bien les liens de parenté qui fondent les rapports de réciprocité : autrement dit, ceux-ci coexistent avec l'organisation dualiste. De fait, le dualisme caractérise la plupart des communautés qui constituent la base de l'Empire. Pour parvenir à contrôler cet immense Empire, de nombreuses voies existaient pour relier entre elles toutes les villes de l'Empire et permettre ainsi à l'empereur d'imposer son hégémonie jusqu'aux confins du pays (LE CHEMIN DE L'INCA). Des représentants de l'autorité de l'Inca sont présents à tous les niveaux de la structure administrative. Pour aider à la communication, des voies sont réservées aux messagers impériaux et voyageurs officiels. Ces voies royales parfois larges de 7 m (plus de 25 000 km) étaient conçues pour les marcheurs (les populations ne connaissant pas la roue) et les caravanes de lamas, la plupart étaient pavées et des auberges se trouvaient tout le long de ces routes. Les Incas avaient installé, le long de ces voies de communication, des tambos ou " relais routiers ", prêts à recevoir à tout moment les voyageurs. Grâce à un système de " coureurs à relais ", les chasquis, ils envoyaient des messages avec une rapidité étonnante aux quatre coins d'un Empire long de plus de 5000 km.
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|  | Le vrai centre de la ville de Cuzco, des quatre quartiers de la ville et de l'Empire était constitué par l'ensemble d'une demi-douzaine environ de bâtiments nommés le Coricancha ( " enclos doré ") que l'on appelle parfois le Temple du soleil. Une chambre du Coricancha hébergeait les momies des rois défunts de l'Empire. Elles étaient sorties du Coricancha lors des célébrations rituelles importantes et, placés sur des litières, transporté en parade autour de la place centrale de la ville. Dans d'autres chambres du Coricancha se trouvaient des images et des idoles figurant le dieu créateur Viracocha, le Soleil, la Lune, Vénus (de l'aube du crépuscule), le Tonnerre, l'Arc-en-ciel, et d'autres objets du culte de moindre importance. Tandis que le Coricancha est-elle le point focal de la vie rituelle dans la capitale, les palais, les sanctuaires et la population de Cuzco représentait le point focal de l'Empire de Tahuantinsuyu dans son ensemble. Au sommet de la hiérarchie impériale se tenait le roi inca, nommé Sapa Inca ce qui signifie " unique " ou " seule ". L'Inca régnant était considéré comme le descendant direct du premier roi, Manco Capac, et comme la manifestation terrestre du soleil (Inti), dont la lumière et la chaleur rendaient habitable le monde des hautes Andes. Auprès du roi se tenait sa première épouse, nommée la Coya c'est-à-dire la " reine ", qui était, au moins à la fin des temps impériaux, également sa soeur. La reine était considérée comme la personnification humaine de la Lune (Quilla), corps céleste pour la croissance et la décroissance mensuelle donnait le tempo de la vie rituelle dans la capitale.
La hiérarchie dans l'empire inca reprend l'organisation traditionnelle des communautés andines. L'Inca est à la fois chef de son clan et souverain de tout l'empire. L'organisation communautaire est à la base de la structure de l'Empire. Dans de nombreux cas, l'Inca conquérant veille à ne pas bousculer l'organisation traditionnelle des populations à assimiler et laisse en place les autorités traditionnelles et leur confie des instructeurs du clan inca pour les informer des lois de l'empire et les instruire dans la religion officielle. Ces autorités locales étaient donc encadrées et rendaient compte à des supérieurs hiérarchiques qui tous étaient membres du clan Inca. D'une manière générale, il existait trois classes : d'une part la classe laborieuse constituée des paysans et artisans, d'autre part la classe de gouvernance locale et enfin au sommet, la classe dirigeante de souche inca qui tenait toutes les rênes de l'Empire. Cette classe dirigeante était organisée comme un clan ordinaire dont les membres étaient appelés aux plus hautes fonctions au sein de l'empire, qu'elles soient religieuses, militaires ou administratives. Cette société était donc basée sur un système de castes et l'on ne pouvait que très difficilement et exceptionnellement changer de rang. Un individu de la classe laborieuse pouvait accéder à la classe dirigeante suite à un exploit militaire ou grâce à quelque autre mérite. Il arrivait, dans un but politique, que des dirigeants coopératifs de peuples vaincus obtiennent des postes à responsabilités, souvent celui de Curacas.
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| |   La société et l'économie de l'Empire inca Les chroniqueurs espagnols ont décrit l'Empire inca dans les moindres détails, s'arrêtant aussi bien sur la vie de la Cour et de l'aristocratie que sur les moeurs du peuple. À la lecture de leur texte, notamment ceux de Garcilaso de la Vega et de Poma de Ayala, on est frappé par l'extrême rigidité de l'organisation sociale et économique, ainsi que par le pouvoir absolu de l'empereur, de la Loi et de l'État sur les sujets. La vie privée des individus, leur activité professionnelle et leur subsistance dépendent entièrement du pouvoir central, à telle enseigne que de nombreux américanistes ont comparé le système politique inca au régime de type " socialiste ". La société inca reposait sur l'institution de la famille et surtout sur l'ayllu, sorte de clan patrilinéaire formé de plusieurs cellules familiales liées par un ancêtre commun et qui vivaient et travaillaient ensemble. La population andine vivait dans une multitude de petites collectivités agro- pastorales. Ces villages s'éparpillaient à une altitude très élevée qui oscillait généralement entre 3600 et 3800 m au-dessus du niveau de la mer, et qui correspond aujourd'hui à la limite des terres de culture et des hautes steppes (puna). Les villages étaient bâtis sur des imminences, des éperons rocheux ou des sommets de montagne.
La principale ressource économique était l'agriculture. Aucune monnaie n'a jamais été instituée mais les denrées circulaient dans tout l'empire grâce au troc, et surtout aux tribus versées aux souverains et aux curacas . En effet, les cellules domestiques constitutives de l'ayllu se reconnaissaient un chef, un curaca, qui était généralement le descendant du fondateur du groupe. Le curaca attribuait les terres, organisait les travaux collectifs et réglait les différends. L'ayllu se reconnaissait également une divinité tutélaire ou huaca, qui était le plus souvent l'ancêtre du curaca et sur laquelle celui-ci prenait appui pour exercer son autorité. Au moment de son mariage, chaque homme adulte recevait un lopin de terre, le tupu en langue quechua. Celui-ci variait, en fonction de plusieurs facteurs entre autres la fertilité de la terre ; d'après Garcilaso de la Vega, la parcelle augmentait selon le nombre d'enfants. À la différence des pâturages, les terres de culture étaient distribuées par lots entre les familles. Les lots réintégraient le fonds commun lorsque les familles qui en détenaient l'usufruit venaient à disparaître, tandis que de nouveaux lots étaient constitués en faveur des couples récemment formés. Le lot était composé de parcelles situées dans les différents paliers écologiques que contrôlait l'ayllu, de manière à ce que chaque famille ait accès à toutes les ressources du milieu naturel. Le tupu était en effet la superficie nécessaire à l'entretien d'une personne, elle variait en fonction de la qualité du sol et de la durée des jachères que l'unité de mesure foncière, le tupu, tenait en considération. Un tupu de terre sèche qui était soumise à une longue période de repos après chaque année d'activité, n'avait donc pas la même dimension qu'un tupu de terres irriguées qui pouvaient entrer en culture d'une année sur l'autre sans interruption. Si l'homme était en bonne santé, il conservait cette terre jusqu'à l'âge de 50 ans. Le chef de famille pouvait garder pour lui et sa famille d'une bonne partie de la production de son tupu dont il ne devenait jamais propriétaire, car la terre ne pouvait appartenir qu'à l'Inca qui en demeurait toujours le principal bénéficiaire. L'impôt, qui lui était dû, consistait en denrées ou en main-d'oeuvre. Au sein de l'ayllu, l'esprit de collaboration était très développé, tous les hommes construisaient la maison des jeunes qui devaient se marier, et si l'un d'entre eux était appelé à servir dans l'armée ou à remplir des fonctions publiques, les autres le remplaçaient aux champs pour subvenir aux besoins de sa femme et de ses enfants.
Le déroulement du cycle agraire et la réalisation des activités qui étaient inscrites au calendrier donnaient lieu à des échanges de travail entre les membres de l'ayllu. Les familles voisines s'aidaient mutuellement à l'occasion des semailles et des récoltes. L'ayni était la forme la plus courante que prenait cette aide réciproque et non cérémonielle. Le bénéficiaire de l'ayni devait restituer aux prestataires l'exacte quantité de travail qu'il avait reçu lorsque la demande lui en était faite, d'autres formes d'aide intervenaient au bénéfice des veuves, des malades et des vieillards dont les champs étaient cultivés par tous les hommes valides de l'ayllu, ainsi qu'à celui des jeunes mariés dont la maison était construite par l'ensemble du village. L'appartenance à l'ayllu créait des obligations de travail et elle ouvrait des droits sur le travail de la collectivité, engendrant ainsi des solidarités nombreuses. Bien des traits culturels qui ont été mal interprétés par les auteurs anciens, et qui ont pu être invoqué par la suite pour soutenir le caractère " socialiste " de l'État inca, de recettes en fait du jeu de ces vieilles solidarités villageoises dans le réseau desquels s'inséraient depuis toujours le paysan andin.
Sorte de pioche très simple emploi, la taclla était le principal outil agricole, les Incas ont toujours rechigné devant la charrue et les boeufs, même après la conquête. Tout le monde absolument travaillait, il était pratiquement impossible d'échapper au contrôle constant et celle du pouvoir central. Seuls les malades et les invalides étaient exonérés des tâches les plus pénibles et recevaient des aides pour vivre.
En plus des paysans, la société inca comportait une autre classe : les artisans (orfèvres, tisserands, céramiste, etc.) qui devaient, eux aussi, remettre leur production à l'empereur. Assise essentiellement sur l'agriculture, la prospérité inca ne peut que nous étonner si l'on envisage le territoire, immense certes, mais aussi très difficiles à cultiver et à irriguer, avec ce sol caillouteux, accidenté et hostile ; et puis, comme nous le disions plus haut, les paysans étaient mal équipés et les quelques outils dont ils disposaient étaient très primitifs car on ignorait tout du fer. Mais ils palliaient ce handicap, d'abord par une organisation professionnelle très rigoureuse, mais aussi en exploitant de grandes parcelles soigneusement irriguées grâce aux techniques empruntées à leurs prédécesseurs. On a déjà parlé des ouvrages hydrauliques des Mochicas et des Huaris ; les incas surent les utiliser pour accroître les surfaces cultivables. Les espèces les plus répandues, et qui constituaient la base de l'alimentation, étaient la pomme de terre, le maïs, le " quinua " (appelée communément " le riz de montagne "), les haricots, les cucurbitacées, et quelques piquants comme les poivrons et les piments. La subsistance dépendait pour l'essentiel de la culture des tubercules dont les innombrables variétés faisaient l'objet d'emplois spécifiques. Aux tubercules s'ajoutaient donc la céréale appelée quinua, qui nécessitait les mêmes précipitations de haute altitude et qui était tout aussi sensible aux variations climatiques. **Ce riz andin qui poussait en taillis apportait à un régime alimentaire pauvre en sels minéraux des éléments qui lui manquaient.
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| | Quant au maïs, partout connu est partout apprécié de longue date, il était cultivé en contrebas, sur les flancs des vallées, dans les endroits bien exposés et bien abrités des vents et du gel, qui jouissaient d'un microclimat favorable. On a remarqué que les conditions qu'il exige sont rarement réunies dans les Andes. En effet, il faut à cette plante à la fois beaucoup d'eau et beaucoup de chaleur, or là où il y a assez d'eau le climat est rude, et là où il y a suffisamment de chaleur les précipitations sont faibles. Il est donc possible que dans de nombreuses régions des terres hautes, la culture du maïs ait tendu pendant longtemps et de façon peut-être exclusive à subvenir aux besoins rituels comme l'élaboration de la bière qui était consommée à l'occasion des fêtes, où la préparation de la farine qui entrait dans la tradition des offrandes et des sacrifices. Les populations des Hautes terres andines élevaient également des camélidés, notamment le lama, l'alpaga et la vigogne. Bien que la viande de ces " brebis du Pérou " comme les appelaient les Espagnols, ait été très apprécié, ces espèces étaient exploitées surtout pour leur abondante laine et comme bêtes de somme, mais là, sans grand succès car elles n'avaient pas la force de l'endurance des années et mulets.
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|  La religion des incas |  | La religion des Incas, pour autant qu'elle nous est connue, se présente comme un amalgame de cultes naturistes, de fétichismes élémentaires, de croyances animistes, d'envolées théologiques et de cérémonies complexes et raffinées fortement teintées de magie. Elle était un peu à l'image d'un État ou des structures sociales et économiques encore archaïques s'intégraient un système administratif déjà rationnel et où les civilisations les plus diverses tendaient à se fondre dans un même creuset.
Le culte solaire en était la principale caractéristique. Inti, le soleil, ancêtre de la dynastie, fut promu au rang de Dieu d'empire. Sa souveraineté céleste faisait pendant au pouvoir terrestre du Sapa Inca. Son adoration se confondait avec les hommages dus à son fils. C'est donc à la fois par piété et par politique que les incas faisaient élever des temples à Inti dans toutes les provinces conquises. De tous les dieux incas, le soleil était celui qui était servi par le plus grand nombre de prêtres et de « Femmes choisies » 4000 en tout, à Cusco. C'est lui aussi qui possédait le plus de terre et de troupeaux qui recevaient les offrandes les plus riches en or, en argent et en tissus. La position assumée dans le panthéons incas par le dieu Soleil s'explique aisément art des préoccupations dynastiques.
Le temple du Soleil à Cusco (Coricancha), véritable saint des saints de l'empire, n'a pas subsisté aux ravages de la conquête. Il n'en reste aujourd'hui que quelques descriptions ainsi que quelques murs témoins de la splendeur de l'ouvrage. Il fut construit avec des pierres de taille s'ajustant parfaitement les unes dans les autres, sans ciment. Sa circonférence faisait plus de 365 mètres. À l'intérieur du temple trônait, entre autres trésors, un disque d'or représentant le Soleil ainsi qu'une représentation du Panthéon Inca. Il s'y trouvait également un jardin sacré où tous les éléments de la nature étaient représentés sous la forme de statuettes entièrement en or, métal symbolique du soleil.
Mais nous savons aujourd'hui que le culte du Soleil a en fait peu à peu supplanté le culte de Viracocha. Viracocha est un dieu antérieur aux Incas, commun à plusieurs cultures pré-incas. Son culte serait apparu entre 700 et 1200 après J.C., en premier dans la culture Huari. De nombreuses légendes incas sont directement inspirées de légendes d'autres cultures, par exemple de Tiahuanaco, et de même le culte de Viracocha fut adopté par les Incas. L'Empire inca se composant d'une mosaïque de peuples qui n'ont pas forcément été détruits ou réduits en esclavage, certains cultes locaux ont pu perdurer sans pour autant que le peuple originaire de Cusco ne les adopte. Un autre cas flagrant est celui de Pachacamac : c'est un dieu de la côte centrale du Pérou dont les origines sont incertaines, mais le culte était en tout cas antérieur même à celui de Viracocha. Le plus grand temple connu consacré à ce dieu s'appelle lui-même Pachacamac et remonte à l'époque de la culture Lima. Le culte serait probablement apparu entre l'an 300 et l'an 600. C'est cependant avec la culture Ishmay, civilisation locale qui se situait entre les fleuves Rimac et Lurin (1000-1450 après J.C.), que le site de Pachacamac connaît son apogée. Durant les premiers siècles de domination inca, le dieu Inti n'était donc pas vénéré et les différents peuples semblaient disposer d'une certaine liberté de culte. Ce n'est qu'au cours du XVe siècle, sous le règne de Pachacutec qu'apparut le culte du Soleil, et celui-ci fut rapidement promu au détriment des autres cultes. L'Inca aurait fait brûler de nombreux temples de Viracocha et bâti les premiers temples du Soleil. Cependant, le culte de Viracocha demeura largement dans les mémoires et continue même d'exister encore aujourd'hui.
Le culte rendu à Viracocha, le créateur qui, à partir du règne de l'empereur Pachacuti, tend à se substituer au culte du Soleil, relégué au rang de créature ou de « fils » de l'être Suprême. Adoré dans la région andine depuis des temps très lointains, Viracocha est à l'origine une divinité aymara. Son assimilation assez tardive au panthéon inca (certainement sous le règne de l'empereur Viracocha, son homonyme, vers 1400 ou sous Pachacútec [1438-1471], son successeur) coïncide avec les grandes conquêtes de l'Empire inca qui désire alors étendre son territoire sur les autres royaumes andins, notamment par syncrétisme religieux.
Viracocha, qui apporte avec lui la connaissance et l'ordre, est vénéré comme fondateur de la culture dans toute la région des Andes. Les hommes cherchent à se concilier ses bonnes grâces par des sacrifices d'enfants (bien que la religion des Incas ne connaisse pas de sacrifices en masse, comme c'était le cas par exemple chez les Aztèques). Son culte prend de l'ampleur sous Pachacútec qui lui fait construire un temple à Cusco et lui érige une statue en or.
Ce changement dans l'ordre hiérarchique des dieux fut sans doute l'oeuvre d'un clergé intelligent, soucieux d'organiser l'univers surnaturel à l'image du monde terrestre et, sans doute, porté aux spéculations théologiques. Les motifs qui déterminèrent l'empereur a appuyé cette réforme sont moins claires. Quel intérêt Pachacuti pouvait-il avoir à diminuer le prestige de son ancêtre le soleil au profit du créateur Viracocha ? A-t-il favorisé son culte par conviction intime ou par politique, afin de placer au-dessus de tous les dieux naturistes à 1 m dont la puissance serait incontestée, étant celle du créateur lui-même ? Viracocha était le protecteur particulier de Pachacuti auquel il apparut en songe avant la bataille décisive contre les Chancas. Les prêtres vivaient dans tous les temples et autres sanctuaires religieux importants. Ils remplissaient les fonctions de devins, sorciers, et médecins. Le titre de prêtre en chef à Cuzco était Villac umu. Celui-ci était marié et son autorité était en concurrence avec celle de l'Inca. Villac umu avait le pouvoir sur tous les temples et édifices religieux, et il pouvait nommer ou révoquer les prêtres.
Les « femmes choisies », appelées aclla (« vestales » ou, pour les Espagnols, « vierges du Soleil ») étaient au service du Dieu-Soleil (Intip-aclla) ou de l'Inca (Incap-aclla). Elles devaient suivre une formation particulière et seules les plus qualifiées étaient choisies dès leur plus jeune âge. Elles vivaient dans la aclla-huasi (« maison des aclla ») et consacraient la plupart de leur temps à tisser les vêtements portés par l'Inca et les prêtres.
Les princesses de sang royal étaient les Nustas, et l'une d'entres elles était appelée à devenir la Coya, l'épouse principale de l'Inca.
La religion officielle du Cusco se distinguait donc de la religion populaire dont nous nous sommes déjà occupés par le culte rendu aux divinités naturistes anthropomorphisées et figurées par des statues. Les préoccupations théologiques qui ont trouvé leur expression dans la vénération dont Viracocha était l'objet de la part de la caste impériale et du clergé sont restées étrangères à la paysannerie. Cependant, la piété des Incas, comme celle de la plupart de leurs sujets, s'adressait aussi à un nombre considérable de fétiches (huacas), parmi lesquels figuraient aussi bien des objets naturels (montagnes, collines, lacs, rochers, cavernes) que des édifices (temples, chapelles, piliers, le tombeaux) ou des personnes défuntes (par exemple les momies). Beaucoup de ces huacas devaient leur caractère sacré à un lien personnel existant entre elles et un inca. Une maison devenait l'objet d'un culte parce qu'un inca l'avait construit aussi plaisait, tels sites passés pour sacrer simplement parce qu'un inca ne fréquentait Willy avait dormi. De même que la personne royale conférait un peu de sa sainteté à ces différents objets ou sites, les sacrifices et les offrandes faites aux huacas avaient souvent pour but de demander aux « invisibles » la santé, la prospérité de l'empereur où la victoire sur ses ennemis. Un certain nombre de huacas ne tirait pas les vertus surnaturelles qu'on leur attribuait d'une association réelle imaginaire avec la dynastie régnante. On estimait à peu près de 500 les huacas de la ville de Cusco et de ses environs immédiats. Elles se succédaient selon des axes imaginaires, irradiant du temple du soleil. Elles étaient également reparties selon les quatre quartiers de l'empire et les deux secteurs, « haut » et « bas », de la cité. L'entretien de ces lieux sacrés et les sacrifices qui y étaient faits incombaient au lignage de Cusco, soit qu'ils fussent, un titre quelconque, les protecteurs surnaturels de l'ayllu.
Les sacrifices et offrandes étaient quotidiens, dédiés aux dieux ou aux huacuas, ils rythmaient la vie du peuple. Les Incas offraient certaines choses qu'ils considéraient honorables aux yeux des dieux, surtout à la Pachamama, la Terre-Mère. Ces offrandes pouvaient prendre la forme d'épis de maïs ou de feuilles de coca entre autres.
Les sacrifices humains ne se faisaient que lors de périodes de grands troubles, lorsque l'Inca était malade ou mort, par exemple, ou lors de catastrophes naturelles. L'objectif était alors d'apaiser le ou les dieux.
Les personnes, hommes, femmes ou enfants offerts en sacrifice devaient être en bonne condition physique et de parfaite constitution. Elles étaient parfois prises parmi les peuples défaits, considérées comme une partie du tribut, ou directement parmi la noblesse de Cusco.
Selon la légende, une petite fille de dix ans, Tanta Carhua, avait été choisie par son père pour être sacrifiée à l'empereur Inca. L'enfant, supposée physiquement parfaite, fut donc envoyée à l'empereur à Cuzco où des fêtes et des parades étaient données en l'honneur de son courage. Elle a été enterrée vivante dans une tombe des montagnes andines.
Les enfants, considérés purs, rencontraient l'empereur et des célébrations étaient faites en leur nom. Selon les croyances des incas, l'enfant sacrifié devenait un dieu une fois emporté par la mort. Avant le sacrifice, l'enfant buvait de la chicha (un alcool) apparemment pour atténuer la perception de ses sens*. Pour l'honorer, les prêtres conduisaient des cérémonies qui l'accompagnaient tandis que son esprit quittait la terre. L'enfant recevait alors un rude coup derrière la tête, d'une arme contondante, mettant fin à ses jours. Il était peut-être aussi, parfois, enterré vivant. La plupart du temps un seul enfant était nécessaire pour le sacrifice, mais on a retrouvé des tombes de trois ou quatre enfants sacrifiés simultanément.
C'est ce type de rite qui fut par exemple utilisé pour calmer les dieux, lors d'une éruption volcanique à Arequipa : la surnommée Juanita fut sacrifiée au sommet du volcan Ampato, il y a plus de 500 ans. C'était une jeune fille de douze ou treize ans appartenant à la haute noblesse de Cusco comme en témoigne la richesse de ses parures. Un cortège cérémonial partit de Cusco pour rejoindre Arequipa dans le seul but de ce sacrifice. Préservés par la glace, la jeune fille et les objets qui l'accompagnaient furent retrouvés presque intacts en 1995 et reposent désormais au musée Santuarios Andinos d'Arequipa.
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|  | |  | | Les Incas |  | | Le drapeau de l'Empire |
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 | |  | | L'Empire Inca |  | | L'Empire des "quatre quartiers" |
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 | |  | | Inca (illustration de Poma de Ayala) |  | | Pachacutec ou Pachacuti Yupanqui (règne entre 1438-1471) |
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 | |  | | Inca |  | | Tupac Yupanqui (règne entre 1471-1493) |
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 | |  | | Inca |  | | Huayna Capac (règne entre 1493-1528) |
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 | |  | | Atahualpa (1532-1533) |  | | Exécution de l'Inca par les Espagnols |
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 | |  | | Inca |  | | Conquêtes de Pachacutec |
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 | |  | | Inca |  | | Conquêtes de Tupac Yupanqui |
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 | |  | | L'Empire inca |  | | Expansion sous les différents règnes |
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 | |  | | Titre du panneau |  | | Saisissez le contenu du panneau ici |
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 | |  | | Organisation économique des incas |  | | Schéma qui révèle la centralisation des biens par l'Inca et la redistribution au sein de l'empire. |
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 | |  | | Illustration de Poma de Ayala |  | | Cette famille inca travaille son tupu, la parcelle de terre que le souverain attribuait à tout chef de famille. |
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 | |  | | Illustrations de Poma de Ayala |  | | Les animaux connus depuis toujours en Europe, bovins, équidés, ovins et porcins ont été introduits en Amérique lors de la Conquête. Les lamas étaient élevés pour la viande mais surtout pour leur laine et le transport des marchandises. |
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 | |  | | Centre de recherche et d'acclimatation agronomique inca de Moray |  | | Ce lieu permit à ces agriculteurs hors pair de faire muter les plantes en recréant une variété impressionnante de microclimats. |
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 | |  | | Culture de la pomme de terre |  | | Plus de 200 variétés existent au Pérou |
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 | |  | | Religion inca |  | | Rite des défunts : La fête des morts selon Felipe Guaman Poma de Ayala, un descendant des Incas vers 1600. À gauche, le Soleil; à droite, la Lune; au centre, la momie d'un Inca transportée sur une litière. |
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 | |  | | Fondations du Temple du Soleil |  | | Coricancha |
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 | |  | | Linceul péruvien |  | Daté du XVe siècle, ce linceul péruvien en coton et brocarts de laine, dont les couleurs proviennent de teintures d'origines animale et végétale, est orné d'un motif rouge et or en forme de chat, représentant sans doute une divinité inca.
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