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Culture au Mexique
  La peinture mexicaine : FRIDA KAHLO (1907- 1954)Son enfance
La mère de l'artiste, Matilde Calderón y González, elle aussi peintre de profession (El condabrebbra, attachée au mouvement surréaliste) (1876-1932) est née à Mexico. Elle était la troisième fille d'Isabel González y González et du photographe Antonio Calderón d'origine espagnole et indigène. Le père de Frida, Carl Wilhelm Kahlo est né à Pforzheim dans le Bade-Wurtemberg, arrivé au Mexique en 1891 à l'âge de 19 ans, il changea son prénom en Guillermo (1871-1941), fils du bijoutier et orfèvre Jakob Kahlo et d'Henriette Kaufmann. Frida Kahlo peindra en 1936 Mes Grands-parents, Mes Parents et Moi où elle raconte l'histoire de ses origines, tel un arbre généalogique. Elle a symbolisé ses grands-parents maternels mexicains par la terre, et ses grands-parents paternels allemands au moyen de l'océan. Elle est la petite fille du jardin de la " Maison Bleue " où elle est née et décédée. Au-dessus, ses parents dans la pose de leur photo de mariage.
Magdalena Carmen Frida Kahlo Calderón naît le 6 juillet 1907 dans la " Maison Bleue ", actuel Musée Frida Kahlo, au milieu d'un quartier populaire de Coyoacán au sud de Mexico. C'est la troisième des quatre filles de Matilde et Guillermo Kahlo. Dès l'âge de 8 ans (ou 6 ans selon les sources), Frida est atteinte par la poliomyélite : sa jambe droite s'amincit et le pied ne grandit pas comme il le devrait, ce qui lui vaudra le surnom de " Frida-la-boiteuse " par ses camarades de classe. En 1922, alors qu'elle avait 15 ans, elle intègre l'Escuela Nacional Preparatoria, considérée comme le meilleur établissement éducatif du Mexique. À cet âge, elle souhaitait devenir médecin ; malgré l'intérêt qu'elle portait aux beaux-arts, elle n'envisageait pas à cette époque une carrière artistique. Frida entame de brillantes études et s'intéresse tout naturellement à la politique et cherche, comme nombre de personnes, à définir une âme mexicaine dans le pays nouvellement indépendant.
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|  | |  | | Les oeuvres de Frida Kahlo | | |
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| L'accident et la naissance d'une vocation
Le 17 septembre 1925, un accident de la circulation se produisit peu après que Frida Kahlo soit montée dans le bus avec Alejandro Gómez Arias, son ami d'enfance, pour effectuer le trajet de l'école à la maison, à Coyoacán. Dans la collision entre l'autobus et le tramway, plusieurs personnes trouvèrent la mort sur le lieu même de l'accident. Frida Kahlo souffrit de plusieurs blessures si graves que les médecins doutèrent qu'elle puisse survivre. Dans la petite esquisse au crayon " Accident ", elle fixa un an plus tard le déroulement des faits qui transformèrent sa vie d'une manière si décisive. À la façon des ex-voto populaires, qui eurent également une grande importance pour son oeuvre par la suite, elle représenta l'événement sans tenir compte des règles de la perspective. Dans la moitié supérieure du tableau, elle dessina l'instant de la collision entre le tramway et l'autobus. Elle explique la situation en montrant les blessés allongés dans la rue. Au premier plan, apparaît Frida bandée, beaucoup plus grande que les autres personnes, elle est étendue sur une civière de la Croix-Rouge. Son portrait, qui flotte au-dessus, montre que le regard soucieux qu'elle pose sur la scène qu'elle a devant les yeux. À gauche se trouve la façade de la maison de ses parents à Coyoacán où elle voulait rentrer après l'école. Le dessin est le seul témoignage figuratif de Frida Kahlo à propos de l'accident ; elle n'a plus jamais pris cet événement pour thème dans son oeuvre ultérieure. À une exception près : un ex-voto qu'elle trouva au début des années 40 présente une situation très semblable. Elle modifiait légèrement ce tableau et en fit la représentation de son propre accident. Elle compléta l'inscription sur le bus et sur le tram, donna à l'accidenté ses sourcils rapprochés si typiques et ajouta au tout l'inscription suivante : " le couple G.Kahlo et M.C Kahlo remercient la madone d'avoir sauvé leur fille de Frida de l'accident qui s'est produit en 1925 au croisement Cuahutemozin et Calzada de Taplan. "
Elle fut clouée au lit pendant trois mois à cause de l'accident. Elle passa à un mois l'hôpital et sembla ensuite guérie, mais continuera à souffrir fréquemment de douleur dans la colonne vertébrale étant le pied droit. Elle se sentait en outre constamment fatiguée. Environ un an après l'accident, elle dut retourner à l'hôpital. Elle n'avait pas été radiographiée et la colonne vertébrale n'avait pas été examinée. C'est seulement à ce moment que l'on constata une vertèbre lombaire fracturée, et elle dut porter divers corsets de plâtre pendant neuf mois pour guérir. Dans de nombreuses lettres adressées à son ami, elle décrivit l'état qui fut le sien pendant les neuf mois où elle fut considérablement limitée dans sa liberté de mouvement et dut même rester complètement immobile par moments. Pour échapper à l'ennui et à la douleur, elle se mit à peindre. " Je croyais avoir suffisamment d'énergie pour faire quelque chose d'autre qu'étudier pour devenir médecin. Sans attirer beaucoup d'attention là-dessus, je commençai à peindre ", raconta -t- elle plus tard au critique d'art Antonio Rodríguez.
" Depuis de nombreuses années, mon père avait une boîte avec des couleurs à l'huile, quelques pinceaux dans un vieux verre, une palette dans un coin de son petit studio de photographie. Il peignait et dessinait volontiers des paysages à proximité du fleuve de Coyoacán et ils copiaient parfois des chromolithographies. Petite fille, j'avais déjà, comme on dit, jeter un oeil sur la boîte remplie de couleur. Je ne saurais expliquer pourquoi. Comme j'étais malade et devais passer beaucoup de temps au lit, je profitai de l'occasion et la réclamait à mon père. Pareil à un petit garçon auquel on prend un jouet pour le donner à son frère malade, il me la prêta. Ma mère fit faire un chevalet par un menuisier, si l'on peut appeler ainsi l'appareil spécifique que l'on pouvait fixer à mon lit, car le corset de plâtre ne me permettait pas de me dresser sur mon séant. Je commençai donc à peindre mon premier tableau, le portrait d'une amie. "
La caractéristique la plus remarquable de la plupart de ses autoportraits en pied et déjà décrite dans sa déclaration : l'artiste se plaignait devant de grands paysages arides ou des pièces vides et froides qui reflétaient sa solitude. Ses portraits et portraits en buste montrent aussi ses sentiments. Quand elle se représente sur la toile en compagnie de ses animaux domestiques, elle fait l'effet d'un petit enfant auquel l'ourse ou la poupée doive donner un sentiment de sécurité. Les portraits en buste sont souvent complétés par des attributs possédant une signification symbolique. Par contre, les portraits en pied, qui sont fréquemment intégrés dans une représentation scénique, sont principalement marqués par la biographie de l'artiste : sa relation avec son mari Diego Rivera, sa santé physique (l'état de santé déterminé par les suites tels accidents), l'impossibilité d'enfanter, de même que son naturalisme, sa philosophie pratique et son image du monde. Avec ces représentations très personnelles, elle brisa des tabous concernant avant tout le corps féminin et la sexualité féminine. Diego Rivera constate à ce propos et les années 50 qu'elle était :
" la première femme dans l'histoire de l'art à saisir avec une sincérité absolue et impitoyable, on pourrait même dire avec une calme cruauté, les thèmes généraux et particuliers qui concernent uniquement les femmes. " Le temps de l'alitement donna à Frida Kahlo l'occasion de s'occuper intensément de son reflet. Cette auto-analyse se fit dans une situation où, venant tout juste d'échapper à la mort, elle se mit à découvrir et à vivre plus consciemment sa propre personne de son entourage : " A partir de ce moment-là, je fus possédé par le désir de recommencer à peindre les choses comme je les voyais avec mes propres yeux, et rien d'autre ", expliqua-t-elle à Rodríguez . Et la photographe Lola Alvarez Bravo remarqua que la peinture faisait revivre l'artiste, que l'accident était suivi d'une sorte de renaissance dans laquelle son amour pour la nature, les animaux, les couleurs et les fruits, pour tout ce qui est beau et positif avait été renouvelé. Les autoportraits les terres à se faire une idée de sa propre personne et à donner de nouveau le jour à celle-ci dans l'art comme dans la ville pour trouver une nouvelle identité. Ceci explique peut-être aussi pourquoi les autoportraits présentent seulement quelques différences relativement minimes. Avec presque toujours le même regard figé montrant difficilement l'expression de sentiments et d'états d'âme, l'artiste regarde vers le spectateur. Ses yeux surmontés de sombres sourcils étonnamment forts, qui se rejoignent à la racine du nez comme des ailes d'oiseaux, sont particulièrement impressionnants. Pour exprimer ses idées et ses sentiments, elle développa son propre langage imagé, avec son propre vocabulaire de sa propre syntaxe. Elle employa des symboles qu'il faut d'abord déchiffrer si l'on veut s'occuper de l'oeuvre et de la manière dont elle a vu le jour. Son message n'est pas hermétique ; les oeuvres doivent être comprises comme concentrations métaphoriques expériences concrètes. L'univers pictural fantastique qui remplit les oeuvres de Frida calots se basant tout sur l'art populaire mexicain et la culture précolombienne. L'artiste a en outre repris les tableaux fautifs populaires, les représentations de martyrs et de saints chrétiens qui ont leur place dans la croyance populaire. Elle s'est référée à des traditions encore vivantes dans la vie quotidienne mexicaine qui produisent trop souvent un effet d'irréel sur les Européens. Même si nombre de ses travaux contiennent des éléments surréels et fantastiques, on ne peut toutefois y qualifier de surréaliste, car elle ne s'est jamais complètement détachée de la réalité dans chacun d'eux. Ces messages ne sont jamais impénétrables ou illogiques. Comme dans beaucoup d'oeuvres d'art mexicain, réel et l'imagination se mêlent comme deux éléments d'une même réalité.
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| Engagement politique et rencontre avec Diego Rivera
Avec élection du président Obregón au Mexique en 1920 et la création d'un Ministère des affaires culturelles dirigées par José Vasconcelos, l'alphabétisation fut non seulement poussée, mais un vaste mouvement de renouveau culturel fut en même temps mis en branle. Son but était l'assimilation sociale et l'intégration culturelle de la population indienne ainsi que le recouvrement d'une culture mexicaine autonome. Alors que les éléments culturels indiens avaient été refoulés depuis la conquête espagnole et que l'art académique influencé par l'Europe avait été encouragé depuis le XIXe siècle jusqu'à la révolution, la réorientation ne tarda plus. Beaucoup d'artistes, qui avaient trouvé dégradante l'imitation des modèles étrangers jusque-là courants, réclamèrent désormais un art mexicain indépendant des tâches de l'académisme. Ils exigèrent que l'on se souvienne de ses origines mexicaines et que l'on revalorise l'art populaire. Frida rejoignit ce cercle d'artistes et d'intellectuels en 1928. Vers la fin de l'année 1927, elle était suffisamment rétablie pour pouvoir mener de nouveau une vie en grande partie " normale ". Elle intensifia donc une fois encore le contact avec ses anciens camarades d'école. Beaucoup avaient entre-temps quitté l'école préparatoire pour étudier et ils étaient politiquement actifs à l'université au début de l'année 1928, Germán de Campo, l'un de ses amis d'école, l'introduisit dans son cercle de jeunes gens groupés autour du communiste cubain Julio Antonio Mella.. Mella se trouvait alors en exil au Mexique et était un ami de la photographe Tina Modotti qui avait également des relations avec les artistes progressifs .
Par son intermédiaire, Frida rencontra alors le peintre Diego Rivera. Diego Rivera la renforça dans l'idée de continuer de peindre et fut souvent l'invité de la famille Kahlo.
Frida épousa Diego Rivera le 21 août 1929, il avait 21 ans de plus qu'elle. L'influence idéologique qu'il exerce sur elle devient aussi net dans l'oeuvre ci-dessus décrite que le fait qu'à cette époque Frida avait apparemment déjà fait la connaissance du cercle d'artistes et d'intellectuels mexicains qui préconisaient un art mexicain autonome. Le "mexicanismo " devrait avant tout s'exprimer dans la peinture murale éducative qui était particulièrement encouragée par l'État afin de rendre compte de l'histoire nationale à la multitude d'analphabètes. Les éléments de l'art populaire mexicain devaient être fortement revalorisés et ainsi intégrés dans un concept selon lequel les objets de l'art populaire ne seraient pas seulement comme c'était le cas sortis de leur rapport utilitaire, transportés de la campagne dans les villes et exposés là comme objets d'art, mais directement intégrés dans les oeuvres créées par des artistes.
En effet, on retrouve de la peinture de Frida Khalo ses racines métisses et son fort sentiment d'appartenance à la culture mexicaine. Ceci l'expression de sa conscience nationale encore soulignée par les couleurs mexicaines dominantes vert, blanc et rouge. L'artiste emprunte à à la populaire les coloris et certains motifs tels que pour les guillemets et figure de Judas " qui l'accompagne dans certains autoportraits. Elle reprit des éléments des ex-voto d'artistes amateurs anonymes et prie en outre ses idées à la culture précolombienne est pas en dernier lieu à la peinture de portrait mexicaine du XIXe siècle. Les objets de l'art populaire dont Frida Kahlo s'inspirait pour ses oeuvres entrèrent en même temps dans les foyers des intellectuels mexicains en tant qu'objet des Arts décoratifs. Les meubles paysans, les objets laqués, les masques, les figures de Judas en papier mâché et les tableaux fautifs faisaient aussi partie intégrante de la maison du couple Rivera-Kahlo. Dans ses autoportraits, l'artiste peintre se représentait la plupart du temps vêtu de simples habits de paysans ou d'un costume régional indien, avec lesquels elle exprimait son identification à la population indienne, son identité nationale. Elle représenta également la flore et la faune mexicaine, montra décapiter, des plantes de la forêt vierge, des roches volcaniques, des saints anges, des chiens Itzcuintli, dessert, des perroquets, bêtes qu'elle possédait comme animaux domestiques et qui apparaissait dans ses tableaux en tant que compagnon de solitude.
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| Expérience aux États-Unis
En novembre 1930, ils ils quittèrent le Mexique et s'installèrent à San Francisco car Rivera avait été chargé de réaliser des peintures murales pour le San Francisco Stock Exchange et pour la California School of Fine Art, l'actuel San Francisco Art Institute. Sa décision de vivre de travailler pendant un long espace de temps aux États-Unis avait certainement des raisons à la fois politiques et artistiques. L'intérêt des Nord-américains pour le développement culturel de leurs voisins du Sud, pour ladite " renaissance mexicaine " était grand. À l'inverse, les États-Unis représentaient un grand pour les attractions pour les artistes mexicains. Quelques-uns d'entre se rendirent dans le pays voisin pourraient profiter du marché de la plus développer. De plus, le parti communiste mexicain fut interdit, il s'ensuivit ici de fait " une invasion dite mexicaine " aux États-Unis, et c'est dans ce contexte qu'il faut également voir le changement de domicile du couple. Rien ne Là-bas, Frida fit la connaissance d'artistes, de commanditaires et de mécènes dont Albert Bender. Celui-ci était parvenu à obtenir une autorisation d'entrée aux États-Unis pour Diego Rivera. En remerciement, Frida réalisa en 1931 le portrait double de Frida Kahlo y Diego Rivera inspiré de leur photo de mariage. En 1930, elle subit son premier avortement. Après l'accident, on lui avait pourtant dit qu'elle ne pourrait jamais avoir d'enfant, que son bassin, qui avait été fracturé en trois endroits, empêchait une position normale pour l'enfant et un accouchement dans les normes. Mais elle fut de nouveau enceinte lors de leur séjour à Détroit. Au début de cette deuxième grossesse, Frida alla donc voir un médecin à l'Henry Ford Hospital. Il lui dit " qu'à son avis il valait mieux qu'[elle] garde le bébé au lieu d'interrompre la grossesse et que, malgré [sa] mauvaise condition physique, la petite fracture du bassin, de la colonne vertébrale, [elle pourrait] avoir un enfant par césarienne sans trop de difficultés "2. Malgré les prévisions du docteur, elle fit une autre fausse couche le 4 juillet 1932. Elle reflète ses sentiments, son impression de solitude et d'abandon après la perte de l'enfant dans le tableau Henry Ford Hospital ou Le Lit Volant. Nous pouvons voir au centre de ce tableau, un fœtus masculin surdimensionné en position embryonnaire : c'est l'enfant perdu lors de la fausse couche, le " petit Diego " qu'elle avait tant espéré porter jusqu'au terme de sa grossesse. Après ce pénible épisode, Frida Kahlo peignit surtout des tableaux qui traduisaient sa lassitude et son dégoût des États-Unis et des Américains alors que son mari, lui, était toujours autant fasciné par ce pays et ne voulait pas le quitter. Elle exprima clairement son point de vue sur le pays " des gringos " dans Autoportrait à la frontière entre le Mexique et les États-Unis et dans Ma robe est suspendue là-bas. Malgré son admiration pour le progrès industriel des États-Unis, la nationaliste mexicaine se sentait mal à l'aise de l'autre côté du Río Grande. Entre temps, la mère de Frida meurt en 1932. Dans les années trente à l'arrivée au pouvoir des nazis en Allemagne, Frida écrit son nom "Frieda", de Frieden, paix en allemand. En décembre 1933, Diego Rivera céda et rentra avec sa jolie femme au Mexique. Ils s'installèrent dans une maison à San Angel, construite par un ami architecte et peintre, Juan O'Gorman. Des difficultés de santé obligèrent Frida à retourner à l'hôpital et elle dut subir une autre interruption de grossesse. En 1935, elle ne réalisa que deux tableaux dont "Quelques petites piqûres". Ce tableau évoque un meurtre perpétré par jalousie sur une femme. Comme la plupart de ses œuvres, cette représentation doit être mise en rapport avec sa situation personnelle. En effet, Diego Rivera, qui avait eu plusieurs relations extraconjugales, eut une aventure avec Cristina, la sœur de Frida Kahlo, qui lui avait souvent servi de modèle. On est engagé à croire que ce tableau est l'illustration de sa blessure émotionnelle. Profondément meurtrie, elle quittera le foyer commun quelques mois pour s'isoler et s'installa dans un appartement au centre de Mexico. Pendant cette période, elle aussi eut plusieurs relations extraconjugales, notamment avec des femmes. Au milieu de 1935, elle partit avec deux amies pour New York et ne reviendra que lorsque la liaison entre sa sœur et Rivera fut terminée. Fin 1935, elle rentra à San Angel. Le 9 janvier 1937, le président Lazaro Cardenas del Río accorda conformément à ses pouvoirs constitutionnels l'asile politique à Léon Trotski qui fut accueilli avec sa femme dans la " Maison Bleue " où Frida et Diego vécurent deux ans, jusqu'en avril 1939. Une brève liaison que l'on dit passionnée se développa entre Trotski et Frida. À la fin de cette aventure, l'artiste lui offrit par jalousie t " affectueusement " pour son anniversaire, le 7 novembre 1937, Autoportrait dédié à Léon Trotski où elle se montre sous son meilleur jour avec une dédicace : " Pour Léon Trotski, je dédicace cette peinture avec tout mon amour… ". Il sera assassiné deux ans plus tard.
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| |  Séjour à Paris
En 1937, Frida se rendit à Paris, à la grande exposition sur le Mexique organisée par le gouvernement Cardenasj, à la galerie Pierre Collé. Elle loge chez André Breton et rencontre Tanguy, Picasso, Kandinsky. L'exposition "Mexiqu" fut inauguré le 10 mars 1939, et un catalogue parut même à cette occasion. Les oeuvres de Frida Kahlo furent exposées avec des tableaux mexicains des 18ème siècle et 19 ème siècle, de même que des photographies de Manuel Alvarez Bravo, des sculptures précolombiennes de la collection de Diego Rivera et de nombreux objets d'art populaire que Breton avait acquis sur des marchés mexicains. Tout comme le début du séjour de l'artiste à Paris, les derniers jours ne furent pas très heureux.
Elle n'affectionne pas Paris qu'elle trouve sale et la nourriture ne lui convient pas et attrape une colibacillose, elle se fâche, l'exposition lui déplaît, elle la dit envahie "par cette bande de fils de putes et de lunatiques que sont les surréalistes" .
"Ils me font vomir. Ils sont si foutûment intellectuels et dépravés qu je ne peux vraiment pas les supporter plus longtemps.(...)"
De plus Pierre Collé, choqué par la crudité des tableaux de Frida refuse de les exposer dans sa galerie. Frida déclara plus tard :" j'aimerais mieux m'asseoir par terre sur le marché de Toluca pour vendre des tortillas que d'avoir quoi que ce soit à voir avec ces connards "artistiques" de Paris." André Breton et Jacqueline Lamba arrivèrent au Mexique en avril 1938 et vécurent dans la maison du couple Kahlo-Rivera à San Angel. Pour Breton, chef de file du surréalisme, le Mexique en était l'incarnation et il interpréta les œuvres de Frida Kahlo comme surréalistes même si elle ne pensait pas appartenir à ce style. " On me prenait pour une surréaliste. Ce n'est pas juste. Je n'ai jamais peint de rêves. Ce que j'ai représenté était ma réalité ". Au début du mois d'octobre 1938, Frida Kahlo présenta ses œuvres dans la galerie de Julien Levy. Ce fut sa première exposition individuelle. La moitié des vingt-cinq œuvres présentées y fut vendue. Pendant son séjour, qu'elle entreprit seule, à New York, elle eut une liaison très tendre et passionnée avec le photographe Nickolas Murray qui fit de magnifiques photos d'elle. À son retour, sa relation avec Diego Rivera fut de plus en plus mouvementée et en décembre, le divorce est prononcée le 6 novembre 1939. À cette même période, elle eut de nouveau de grandes douleurs dans la colonne vertébrale ainsi qu'une mycose aiguë, infection de la peau, à la main droite. Frida se rendit à San Francisco en septembre 1940 pour être soignée par le Docteur Eloesser, qu'elle connaît depuis bien longtemps. Pour le remercier de ses soins, elle peignit pour lui "Autoportrait dédié au Dr. Eloesser". En bas de ce tableau, sur une banderole se trouve une dédicace " J'ai peint mon portrait en 1940 pour le Dr. Eloesser, mon médecin et meilleur ami. Avec toute mon affection, Frida Kahlo ". Ses cendres reposent dans sa maison à Coyoacán, connue comme "La Casa Azul" (La maison bleue), sur son lit, dans une urne qui a la forme de son visage.
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| Les années de reconnaissance et d'affirmation personnelle
Deux jours après la fin de l'exposition, Frida Kahlo quitta la France. Après un stop intermédiaire à New York, elle poursuit son voyage vers le Mexique le même mois. Pendant cette période solitaire, elle travailla très intensivement. Comme elle ne voulait plus accepter de soutien financier de la part de Rivera, elle essaya de gagner sa vie en peignant.
" Je n'accepterai plus jamais d'argent de la part d'un homme jusqu'à ce que je meure ", assura-t-elle, consciente d'elle-même. Au cours des années suivantes, elle réalisa une série d'autoportraits qui se font remarquer par leur grande ressemblance, leur conformité.
Ils se distinguent tout au plus par les attributs que les encadrent, le fond changeant et le coloris différencié influencé par l'art populaire mexicain. Avec ces éléments variables, elle exprima différents états d'âme qui cachaient en même temps qu'il s'agissait à vrai dire d'une production presque sérielle orientée vers la vente. Le contraste entre la riche décoration, les vêtements et la coiffure ornementée et le visage pensif, sérieux et fixe fait se dégager des oeuvres une tension particulière, comme si le visage représenté était un masque derrière lequel se cachaient les véritables sentiments du peintre. Elle qui se sentait seulement émise pour ses attributs féminins, comme dans la chanson, décida de s'en défaire et de refuser l'image féminine qu'on lui demandait. Elle se débarrasse donc de ses cheveux ou symboles de la beauté et de la sensualité féminine, comme elle l'avait déjà fait une fois en 1934 pendant une séparation d'avec Diego Rivera. Elle renonça en outre costume Tehuana que son mari et mi-temps, revêtit un complet homme si large que cela pourrait bien être celui du corpulent Rivera. Les boucles d'oreilles restèrent uniques attribuent nettement féminins.
Frida reprit sa féminité refusée et symboliquement rejetée en 1940. Un an plus tard, le peintre qui souffrit à nouveau énormément de la colonne vertébrale se rendit à San Francisco en septembre 1940 afin d'y être soignée. À cette époque, Diego Rivera se trouvait également à San Francisco. Il avait été chargé d'exécuter une peinture murale pour la " Golden Gate Exposition ". Quand il proposa au peintre en décembre de l'épouser de nouveau , elle donna immédiatement son accord. Toutefois, Frida posa comme condition au remariage qu'elle voulait " subvenir seul à ses besoins financiers avec le produit de son propre travail, contribuer pour moitié aux dépenses du ménage pas plus et ne pas avoir de relations sexuelles ". Diego Rivera donna son accord, ce second mariage fut conclu à San Francisco le 8 décembre 1940, jour de l'anniversaire du peintre. Peu après, l'artiste rentra au Mexique. Rivera la suivit en février 1941 après avoir terminé sa commande et s'installa dans la maison bleue.
La relation des époux avait changé Frida avait gagné en confiance en soi, en indépendance financière et sexuelle ; elle était une artiste reconnue.
Après son second mariage avec Rivera, la vie de Frida fut un peu plus calme. En 1942, elle commence à rédiger son journal, l'une des plus importantes sources de ses pensées de ses sentiments. La situation politique mondiale devint de plus en plus explosive. La guerre dure en Europe, et en 1941, les forces armées allemandes envahirent l'URSS. L'opposition de Staline et Hitler rapprocha de nouveau Frida du parti communiste. La deuxième guerre mondiale déclencha au Mexique un véritable boum économique étant donnée que l'industrie de guerre américaine avait besoin de matières premières. Un glissement à droite, qui eut surtout des effets sur la politique culturelle, se produisit au moment de la présidence de Manuel Avila Camacho. Pourtant, la peintre fut justement de plus en plus reconnu au cours de ces années. Elle fut élue dans des comités et est chargée de cours, et reçut un prix, on lui demandait également d'écrire pour des revues. En 1940, elle fut élu membre du " Seminario de Cultura Mexicana ", organisation qui dépendait du Ministère des Affaires Culturelles et était composé de 25 artistes et intellectuels. Au cours de la première moitié de cette décade, elle était déjà si estimée qu'elle devait participer à la plupart des expositions de groupe ayant lieu au Mexique. Au bout de quelques mois, elle fut obligé d'enseigner dans sa maison à cause de sa mauvaise santé. Des douleurs permanentes dans le tout dans le pied droit empêchaient de continuer à aller à l'école, d'autant plus qu'on lui avait ordonné le calme absolu. Elle devait porter un corset de fer, que l'on retrouve dans son autoportrait de 1944, intitulé " La colonne brisée. "
Frida fournit des commandes correspondantes à plusieurs élèves auxquels Rivera donnait des cours de peinture murale, discipline obligatoire à l'école. Le professeur aida également à trouver des possibilités pour exposer les toiles des jeunes peintres. Parmi l'important groupe de jeunes qui venaient suivre des cours à Coyoacán, seuls quatre lui restèrent fidèles : Arturo Estrado, Arturo Garcí Bustos, Guillermo Monroy et Fanny Rabel, qui furent souvent invités chez l'artiste . En septembre 1946, le muraliste José Clemente Orozco reçut le prix national des Arts et des sciences lors de l'exposition d'art annuel dans le Palacio de Bellas Artes. Il y eut en outre quatre prix supplémentaires de peinture, dont la décerné à Frida pour son tableau Moïse. Bien que très affaiblie par une opération de la colonne vertébrale effectuée en juin de la même année, l'artiste parut lors de la remise des prix et accepta le prix avec fierté.
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| La fin de sa vie : " Avec joie, j'attends le départ..."
À la fin des années 40, l'état de santé de Frida s'était beaucoup aggravé. En 1950, elle dut entrer à l'hôpital ABC de Mexico pour neuf mois. À cause de la mauvaise irrigation sanguine de sa jambe droite, quatre orteils du pied droit avaient noircis, et l'amputation à envisager. Elle avait également de plus en plus de problèmes avec sa colonne vertébrale. Après une seconde opération, il y eut une inflammation qui finit par rendre inévitable une autre opération de la colonne vertébrale. C'est seulement en novembre, au bout de la sixième opération sur un total de sept, qu'elle fut de nouveau capable de peindre quatre à cinq heures par jour. Un chevalet spécifique fixé au lit, de sorte qu'elle pouvait peintre couché sur le dos.
Elle ne pouvait plus parcourir que de courtes distances à pied et seulement à l'aide d'une canne ou d'une béquille. Elle était fréquemment obligée de se déplacer dans un fauteuil roulant. Désormais, elle peignait presque uniquement des natures mortes. Alors que la peinture de Frida Kahlo se distinguait jusqu'en 1951 par une exécution technique très soignée, presque miniaturisée, sa mauvaise santé se fit désormais de plus en plus sentir dans ses oeuvres au cours des dernières années. Après 1951, il ne lui fut plus possible de travailler sans sédatif à cause de vives douleurs la consommation croissante de robe doit être considérée comme la cause du trait de pinceau léger, fugitif et même de soigner, de l'épaisse couche de peinture et de la réalisation exacte des détails. En 1954, l'année de sa mort, elle était encore rarement plus en mesure de peindre. Finalement, la santé de l'artiste ne lui permit pas non plus de s'exprimer politiquement dans sa peinture. Cela avait été son désir depuis qu'elle était de nouveau entrer au parti communiste mexicain en 1948, mais surtout depuis 1951. La prétention de faire entrer des contenus politiques dans ses oeuvres pour " servir le parti " et " être utile à la révolution " se manifesta seulement au cours de la dernière phase créatrice, mais surtout et avec un contenu très clairement communiste dans trois tableaux : le Marxisme guérira les malades, Frida et Staline, et un portrait de Staline resté inachevé. Sa peinture fit donc volontairement fonction de propagande, bien que l'artiste voulut prendre position d'une manière beaucoup plus subtile dans le domaine politique avec ses oeuvres dès les premières années.
Au printemps 1953, la photographe Lola Alvarez Bravo, amie de Frida qui avait compris son importance en tant qu'artiste mexicaine, organisa la première exposition individuelle de ses oeuvres en Mexique. Le soir de l'inauguration de l'exposition, la santé du peintre était si mauvaise que les médecins lui avaient interdit de se déplacer. Toutefois, comme elle ne voulait en aucun cas manque le vernissage, son lit fut transporté dans la galerie est elle-même y fut conduite en ambulance. Elle fut toutefois autant troublée par le succès de l'exposition que la directrice de la galerie à qui on demanda même des informations sujets du peintre depuis l'étranger. Ce grand succès est toutefois ombragé par sa maladie.
Les douleurs à la jambe droite sont entre-temps devenus insupportables, et en août 1553, les médecins décidèrent d'amputer la jambe jusqu'au genou. Cette opération, qui apaisa ses souffrances lui, permit même de marche à nouveau grâce à une jambe artificielle, déclencha chez l'artiste une profonde dépression. Cinq mois après l'opération, elle avait cependant appris à marcher sur de courtes distances avec sa jambe artificielle et se montre de nouveau en public bien que très rarement.
Son humeur variait. Alors qu'elle proclamait d'une part euphorique " pourquoi ai-je besoin de pieds quand j'ai de ailes pour voler ", elle écrivait d' autre part en février 1954 dans son journal :
" on m'a amputée de la jambe il y a six mois qui me paraissent une torture séculaire et quelquefois, j'ai presque perdu la tête. J'ai toujours envie de me suicider. Seul Diego m'en empêche, car je m'imagine que je pourrais lui manquer. "
Atteinte d'une grave pneumonie, l'artiste expirera dans la nuit du 13 juillet 1954, 7 jours après son 47e anniversaire. La mort avait été provoquée par une embolie pulmonaire. La veille, elle avait donné un cadeau à son mari pour leurs noces d'argent, le 21 août, en lui disant :
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|  " Je sens que je vais bientôt te quitter ". " Avec joie j'attends le départ... Et j'espère bien ne jamais revenir... Frida. "
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