|   La fête de Qoyllur Riti ou fête du Corpus Christi C'est le plus grand pèlerinage indien d'Amérique latine. Plus de 10 000 pèlerins - bergers, commerçants et curieux - grimpent jusqu'à la limite des neiges éternelles. Un groupe de robustes Queros - membres de ce qui pourrait être la plus pure communauté quechua du Pérou - part même en direction du sommet du mont Ausangate (6 362 m), à la recherche de l'Étoile des Neiges qui est enfermée dans ses entrailles. Au retour, ils chargent sur leurs épaules de grands blocs de glace pour arroser symboliquement leurs terres avec l'eau sacrée de l'Ausangate.
Savant mélange syncrétique de culture préhispanique et de catholicisme, ce pèlerinage époustouflant d'un dizaine de jours est une succession incessante de rituels, de danses folkloriques, de fanfares, de prières et de jeux de rôles. Cette fête hors du temps parvient à regrouper tous les groupes et toutes les cultures de l'histoire andine. Les pèlerins viennent de tout le pays et même de Bolivie et d'Argentine pour se recueillir devant la pierre ou apparaît l'image divine du Seigneur du Qoyllur Rit'i. Chaque année, durant la fête du Corpus Christi, les Indiens de la Cordillère péruvienne prennent le chemin des glaciers de Vilcanota pour grimper jusqu'au sanctuaire de Quoyllur -Rit'i, qui signifie " Étoile de la neige " en langage quechua. Étant donné que l'animisme et la religion catholique sont étroitement mêlés, ces paroles signifient que Dieu est présent sur la terre et au ciel, comme les anciennes divinités adorées depuis toujours.
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| Le rituel, associé à la fertilité de la terre et à l'adoration des Apus (montagnes et en même temps dieux tutélaires), fait partie de la fête la plus importante des peuples indigènes d'Amérique : le Qoyllur Rit'i. La cérémonie principale se déroule aux pieds du mont Ausangate, à 4700 mètres d'altitude et à une température en dessous de 0°. Actuellement la fête commence le jour de la Sainte Trinité où plus de 10000 pèlerins grimpent jusqu'à la limite des neiges éternelles. Ils sont accompagnés de danseurs (chauchas, qollas, pabluchas ou ukukus) qui symbolisent les divers personnages mythiques. Les ukukus (ours) sont les gardiens du Seigneur ainsi que des Apus et des apachetas (monticules de pierres déposées par les pèlerins en guise de péchés expiés) et se chargent de maintenir la discipline pendant les actes liturgiques.
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| Tous se prosternent devant les croix qui ponctuent la montée jusqu'à l'église en suivant des bannières aux emblèmes religieux. Tous vénèrent l'image du Christ en croix. Et pourtant par leurs costumes, par leurs danses et par les rites perpétuant des croyances pré-colombiennes ils font de cette fête un mélange détonnant.
Tandis que des milliers de cierges brûlent à l'intérieur de l'église, les pénitents prient à l'extérieur, face aux montagnes, en se prosternant devant certaines pierres sacrées pour eux. Les diverses communautés sont représentées par des danseurs qui arborent leurs plus beaux costumes ; les groupes se distinguent les uns des autres par les habits, les manteaux et les musiques. Durant la fête, on porte également des masques propres représentant des bêtes féroces et des guerriers incas ou ridiculisant les conquistadors* ; les Ukukus, qui combattent les esprits du mal en donnant vie à de complexes figures symboliques, se détachent nettement des autres. Traditionnellement considérés comme étant mi- femme mi -ours, ils en possèdent la ruse et la force physique et tiennent éloignées à coups de fouets les âmes damnées.
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| La fête s'achève dans la nuit sur le glacier de Colquepunku, à plus de 5000 m d'altitude. Une procession part du sanctuaire à trois heures du matin et porte de la croix de Quoyllur -Rit'i sur le lieu sacré, à la lueur des bougies. On célèbre une messe solennelle avec chants et prières. À la fin, danses et jeux éclatent ainsi qu'une immense ronde, symbole de la fraternité universelle. À la fin de la messe célébrée sur le glacier, les fidèles ramènent la Sainte-Croix au sanctuaire, tandis que les plus résolus descendent de gros blocs de neige gelée, d'où l'on tirera une eau potable considérée comme miraculeuse en vertu des pouvoirs magiques de la montagne. Pour obtenir les faveurs des Apus, il faut obéir à des règles précises, être disposé à faire des pénitences et des sacrifices, à offrir des dons et à célébrer les rites propitiatoires immuables depuis des siècles, malgré les continuelles pressions de l'église officielle. |
| |  La fête de l'Inti Raymi | Le solstice d'hiver de l'hémisphère sud et le temps des récoltes servent de prétexte à cette célébration qui rappelle la plus grande et la plus majestueuse cérémonie précolombienne en hommage au Soleil (le Dieu Inti).
Par l'une des célébrations les plus grandioses et les plus impressionnantes, on rend un culte au soleil, importante divinité de la culture inca. La partie centrale de la journée se déroule dans les ruines de Sacsahuaman, au cœur d'une nature majestueuse.
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| De nos jours l'Inti Raymi évoque le splendide rituel inca à travers un scénario élaboré par des professeurs, archéologues et historiens du Cuzco. La représentation centrale a lieu sur l'esplanade de l'impressionnante forteresse de Sacsayhuaman, à 2 km de la ville du Cuzco, où il est facile de se rendre en voiture ou à pied. Là, on rend hommage à travers une longue fête rétrospective au dieu Soleil comme le faisaient jadis les Incas lors de cette cérémonie rituelle.. L'Inca est conduit en anda depuis le Koricancha ou Temple du Soleil jusqu'au Huacaypata (place principale de la ville), où il exhorte les autorités à gouverner avec solennité et bonté. Les participants se rendent ultérieurement à Sacsayhuaman où aura lieu le sacrifice d'un lama blanc et d'un lama noir. Les viscères et la graisse des lamas sont remises à deux prêtres : les intestins sont d'abord offerts au Callpa Ricuy pour qu'il fasse les prédictions de l'année (un acte divinatoire), tandis que le Wupariruj prend la graisse d'où il tirera ses présages en observant la fumée. Les prédictions données sont interprétées par le Willac Umo, prêtre suprême, qui en fait part à l'Inca. Finalement, au coucher du soleil et l'Inca donne l'ordre de se retirer ; éclate alors un tumulte effréné qui durera plusieurs jours.
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| | En fait, la cérémonie proprement dite débute plus tôt le même jour, au Koricancha (le temple du soleil, dans la ville de Cusco) et à la Plaza de Armas (appelée Haucaypata, à l'époque des Incas). Vers midi, les participants se rendent à Sacsahuaman, accompagnés des milliers de touristes péruviens et étrangers qui sont venus assister à la fameuse cérémonie durant laquelle on sacrifie deux lamas.
Les Incas organisaient cette fête l'un des jours les plus courts de l'année dans l'hémisphère Sud (certainement le 21 juin, à l'origine), par crainte que le soleil (leur père) abandonne ses fils.
L'Inti Raymi symbolise la consécration éternelle du mariage entre le soleil et ses fils, les êtres humains. C'était le festival le plus important de l'empire Tahuantinsuyo (empire Inca) qui a fondé sa religion sur le culte de l'astre solaire.
Le 24 juin les Incas célèbrent le solstice d'hiver, en d'autres termes le commencement de la nouvelle année. Scientifiquement le solstice commence sur le 21 juin, mais selon le Pacha Unachaq, sorcier Inca, les séjours du soleil quelques jours dans le même endroit était le 24 juin. Ce jour a été proclamé par le haut prêtre comme nouvelle année : Inti Raymi.
Tous les habitants de Cusco s'impliquent traditionnellement à montrer à tous, y compris les touristes, comment apprécier et s'émerveiller en ce jour si spécial. Des événements innombrables s'ajoutent et méritent le coup d'oeil avant, pendant et après le 24 juin. Il y a des expositions de rue et diverses activités pendant la journée, et en soirée des concerts sont donnés par les meilleurs talents musicaux du Pérou, qui se succèdent sur la Plaza de Armas. C'est le deuxième plus grand festival d'Amérique latine, après le carnaval de Rio.
La plupart des concerts et des expositions sont libres d'entrée et sont parrainés par la ville de Cusco et des compagnies péruviennes. Depuis plus de 50 ans le festival a lieu sur le complexe archéologique de Sacsayhuaman, également appelé la Chambre sacrée du soleil. Plus de 200 mille personnes viennent ensemble pour être témoin du spectacle le plus beau de l'année où plus de 500 acteurs font renaître fièrement leur passé.
Le point culminant de l'Inti Raymi est dans le discours solennel donné par l'Inca de Sapa et le haut prêtre dans la langue originale des Incas, le Quechua. Cette langue était encore parlée dans des secteurs larges dans et autour de Cusco, principalement dans les montagnes péruviennes et est encore usit ée de nos jours par les communautés indigènes.
L'Inca de Sapa honore l'astre lumineux, d'une voix intelligible et imposante, et rend les bénédictions au soleil en ce jour le plus sacré. Après ce préliminaire, le cortège se déplace avec une dignité impériale vers la forteresse de Sacsayhuaman. L'Inca est porté sur un trône d'or et surplombe ainsi son auditoire. L'argent et l'or sont abondamment portés par les hommes et les femmes, ce qui rappelle le faste d'une civilisation tombée sous le joug espagnol durant la Conquête.
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|  La fête de Raqchi |  | Le traditionnel festival de danse de Raqchi se déroule chaque année à Sicuani, au sud de Cuzco, dans la vallée du río Urubamba. Durant quelques jours, la région est le théâtre d'une joyeuse agitation, ravivée par les fréquentes absorptions de chicha, la boisson alcoolisée et répandue dans toute la Cordillère. Les antiques formes musicales incaïques ont survécu jusqu'aujourd'hui et les instruments typiques, mêlés à ceux d'origine européenne, créent des harmonies frénétiques au son desquels les danseurs, appelés Chucu évoluent jusqu'à l'épuisement. Ils miment les phénomènes naturels : la pluie, le vent, les tempêtes.
Le site de Raqchi s'élève à une altitude de 3 500 m environ, dans le département de Cuzco, il est situé dans le village de San Pedro de Cacha, non loin de Sicuani (au sud de Cuzco).
À l'époque Inca, ce lieu était un centre administratif, dont la fonction était de récolter les impôts, payés en nature, de la région de Puno. Ce site conserve les ruines d'un imposant temple dédié au dieu Viracocha , ainsi que les fondations de palais, mais aussi un impressionnant ensemble de silos à grains. Les hauts murs du temple étaient faits de pierres soigneusement taillées à la base, et de hautes cloisons légères recouvertes d'adobe ensuite. Ces parements donnent une idée de l'apparence originelle des murs de Cuzco. Pour les établissements sacrés, des cheveux de femmes étaient mêlés au pisé.
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|  | Durant la fête, les participants dansent, crient, exhortent ainsi leurs problèmes et leurs peurs quotidiennes.
Le mélange de tradition et de modernité, comme les tenues folkloriques, contribue au charme des fêtes andines. |
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|  | |  | | La croix de Qoyllur Riti |  | | Les Ukukus portent la lourde croix ornée d'étoffes multicolores et d'offrandes jusqu'au glacier. |
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 | |  | | Recueillement devant le rocher de la Vierge |  | | Provenant de toute la Cordillère, les pèlerins apportent des bougies allumées, symbole de leur foi, devant la grotte de la Vierge. |
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 | |  | | Les pèlerins pendant la procession |  | | Les Ukukus portent les blocs de glace sacrés des Apus. |
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 | |  | | Le glacier de la Porte d'Argent |  | | La procession de Qoyllor Riti parvient au glacier de Qollquepunku |
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 | |  | | Fête symbole du syncrétisme andin |  | | Adoration de la Vierge et croyances ancestrales se confondent pendant le Qoyllor Riti. |
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 | |  | | Temple de Sacsahuaman |  | | Cette construction remonte à l'Inca Pachacuti (1438-1471) |
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 | |  | | Célébration de l'Inti Raymi |  | | Les figurants sont réunis pour cette grande fresque historique |
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 | |  | | Inti Raymi |  | | En 1944, une reconstitution historique de l'Inti Raymi est organisée sur la base des chroniques de Garcilaso de la Vega, lesquelles se référent aux seuls aspects religieux de la cérémonie |
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 | |  | | Inti Raymi |  | | Des milliers de touristes assistent à la célébration de l'Inti Raymi |
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 | |  | | Inti Raymi |  | | l'« Inca » effectue une invocation au Soleil. |
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 | |  | | Inti Raymi |  | | L'Inca est porté sur un trône d'or et d'argent vers la forteresse de Sacsahuaman |
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 | |  | | La fête de Raqchi |  | | Ces danseuses de Sicuani, qui prennent part à la fête de Raqchi, font tourbilloner leurs robes aux couleurs vives. |
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