 Croyances et traditions au Mexique | En dépit des professions de foi ... d'irréligion réaffirmées par ses dirigeants et de la stricte séparation entre l'église et l'État, le Mexique reste très profondément catholique. Près de 90 % de sa population se réclame de la confession romaine. Farouchement croyants et horrifiés par les cultes sanglants pratiqués par les indigènes, les colons espagnols se sont efforcés d'extirper des coeurs les croyances profondes, mais en vain. Les indigènes assimilèrent les éléments de la religion nouvelle, et rebaptisant leurs propres dieux, ils composèrent parfois un amalgame à leur usage. Très vite, les missionnaires comprirent et acceptèrent la nécessité de pactiser avec les religions locales au prix d'un christianisme indianisé ou "syncrétisme".
Par conséquent, tout le catholicisme populaire est imprégné d'éléments d'origine indienne. Et, plus on s'approche des classes les plus humbles, plus l'amalgame est puissant. Ainsi est-il difficile de tracer la frontière qui sépare les rites locaux de ceux qui appartiennent à la foi catholique. Sous le vernis d'une apparente homogénéité des pratiques subsiste une réelle hétérogénéité de croyances. Le christianisme n'a qu'artificiellement supplanté les cultes indigènes en se contentant de supprimer les rites considérés comme les plus barbares et les plus voyants. Le Mexique est parvenu à créer parfois un inextricable et unique mélange, qui peut sembler être une religion " pagano-chrétienne ". Ainsi verrez-vous dans des églises de village, des saints indiens vêtus comme les membres de la communauté locale voisiner avec leurs homologues métis habillés à l'européenne, les seconds étant presque ignorés des Indiens.
Il vous arrivera peut-être aussi d'assister à ces danses appelées santiaguaros. L'apôtre Santiago, protecteur des conquistadors et héros légendaire, y semble logé dans le panthéon indien où il est investi des caractères d'un dieu de la Guerre et du Tonnerre. C'est la raison pour laquelle l'homme auréolé qui chevauche son cheval de bois, en brandissant sa redoutable épée contre les " infidèles " incarne, en fait, celui qui écarte les esprits maléfiques et la sécheresse. Derrière le saint on croit voir respirer encore le dieu païen. Comme partout, le mysticisme des Indiens se limite aux biens immédiats : santé, pluie pour les récoltes, paix entre les siens. Et puisqu'on n'a jamais assez de dieux avec soi, c'est la vieille divinité du feu qui brûle encore au centre des maisons. Comme d'innombrables esprits maléfiques et bénéfiques continuent à hanter les grottes et les forêts, il n'est donc aucune magie qui ne soit superflue afin de les amadouer. Les Chinantèques et les Cuicatèques (Oaxaca), qui vénèrent encore le tonnerre , répandent de l'aguardiente sur le sol pour s'assurer de bonnes récoltes, les Mixtèques du sang d'oiseau avant les semailles.
Divination, magie, chamanisme et recours aux hallucinogènes demeurent bien vivants. Ce ne sont pas les Huicholes qui nous contrediront, eux qui pour satisfaire les forces divines accomplissent un étonnant pèlerinage. Pendant presque six semaines, ils parcourent 800 à 900 km à travers le paysage lunaire du désert de San Luis de Potosí, en quête de la plante sacrée, le peyolt. Ce petit cactus sans épines permet, grâce à ses merveilleux effets hallucinogènes, de communiquer avec les esprits et de pénétrer la splendeur du sacré. Véritable " plante de vie " il assure l'abondance des moissons et la bénédiction des grandes puissances du monde. Du succès du pèlerinage dépende les heurs et malheurs de la communauté tout entière .
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| |   La fête des morts (Día de los muertos)Le Jour des morts (en espagnol Día de Muertos) est une forme particulière de fête des morts typique de la culture mexicaine et d'Amérique centrale. La fête s'observe aussi dans le sud-ouest des États-Unis, qui comporte une importante communauté chicana.
Elle a lieu du 1er au 2 novembre, en même temps que les fêtes des morts chrétiennes de la Toussaint et de la Commémoration des fidèles défunts, mais les festivités peuvent durer beaucoup plus longtemps, comme c'était le cas dans les traditions précolombiennes qui en sont à l'origine, avant qu'elles ne soient récupérées et adaptées à la foi chrétienne.
Elle a la particularité d'être célébrée de manière très festive, avec de la musique, de grandes quantités de nourriture et de boisson, des décorations aux couleurs vives et de nombreuses représentations caricaturales de la mort.
C'est au moment de la Toussaint, que se révèlent les attitudes fondamentales devant la mort. Indiens et Espagnols partageaient une communauté de traits à son égard : fierté, mépris du danger, vision tragique du monde entier. Le mexicain contemporain en a hérité, l'historien Fouchet n'hésite pas à écrire à propos de l'attitude de ce dernier vis-à-vis de la mort : " il dort avec elle et la fête car elle est l'un de ses amusements favoris et son amour le plus fidèle ".
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| La mort familière, la mort de tous les jours n'engendre donc pas forcément des idées tristes. Et quelle plus belle occasion que de se retrouver, les vivants et les morts, une fois par an, pour faire la fête ! Au Mexique, pendant les jours qui précèdent le 2 novembre, on s'offre des friandises funèbres. On s'échange des têtes de mort en sucre que sont les calaveras, objets symboliques par excellence de la Toussaint mexicaine. Il est du meilleur goût d'en offrir à l'être aimé, à ses enfants, à ses parents. Les plus appréciés sont celles qui sont de taille réelle et affichent sur un bandeau frontal le prénom de l'heureux bénéficiaire.
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| Les " pains des morts " sont de délicieuses brioches rondes au café décorées de tibias que complètent des galettes cachant un tibia en guise de fève. On tire les morts comme on tire les rois !
Les Mexicains s'amusent de la mort, la raillent avec des mascarades carnavalesques... Avec des masques grimaçants, des personnages déguisés en squelettes de papier mâché se livrent avec un humour macabre à de jubilatoires satires de la société. Et, pour que la fête soit plus gaie, une musique entraînante et joyeuse vous emporte tout ce petit monde ! Au soir du 1er novembre, c'est au cimetière qu'on donne rendez-vous aux morts pour y faire la fête et banqueter sur les tombes. Une fois encore, c'est parmi les populations indiennes que les rites pratiqués sont les plus saisissants. Ainsi à Romerillo, dans le Chiapas , les Chamulas se livrent à une très étrange cérémonie. Tôt le matin, les vivants viennent apporter aux morts, en offrant à ce qu'ils aimaient et des oeillets pour leur rappeler le parfum de la terre. On leur parle, on les appelle au son des guitares et des accordéons. Toute la nuit, des lanternes brûlent pour guider le retour des âmes. Les grandes portes qui recouvrent les tombes seront ouvertes, après une longue attente. Et fondue dans l'aube du matin, les âmes peuvent enfin établir le contact avec les mortels. Ce sont d'interminables discours relatant tous les menus événements de l'année.
Dans l'île de Janitzio, au milieu du lac Pátzacuaro, les Tarasques célèbrent eux aussi une mémorable nuit des morts. Après une joyeuse kermesse, toutes les femmes s'esquivent avec leurs enfants pour aller piqueter de bougies un champ que rien ne désigne comme un cimetière. Traditionnelles dans tout le Mexique, les cérémonies d'offrandes sur les tombes des défunts y revêtent la nuit, dans l'aura mystérieuse de milliers de chandelles processionnaires, un éclat envoûtant, et nulle part ailleurs, on ne sent sur battre le coeur païen et chrétien du plus ancien Mexique.
Là aussi, s'amorce le long dialogue avec les morts.
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|  La Vierge de Guadalupe |  Notre-Dame de Guadalupe ou Vierge de Guadalupe (en espagnol Virgen de Guadalupe) est le nom donné à la Vierge Marie lors de son apparition à un indigène des Amériques en 1531. C'est une figure catholique très célèbre sur le continent américain ; elle est considérée comme la Sainte Patronne du Mexique. Avec plus de 20 millions de pèlerins chaque année, c'est le monument catholique le plus visité après la cité du Vatican.
Elle est vénérée dans de nombreux foyers, plus spécialement chaque 12 décembre, et plusieurs millions de pèlerins se rendent tous les ans à la Basilique Notre-Dame de Guadalupe de Mexico. Elle peut être considérée d'une manière socio-historique comme la continuation catholique de la déesse de la fécondité Tonantzin dans la religion aztèque.
" La Lupita " qui n' a entendu cette appellation familière ou vu son effigie 1000 fois reproduite dans tous les recoins du Mexique ? Un peuple entier vibre à son évocation, tant la dévotion pour la " Indita " est un phénomène unique qui se confond avec la notion même de Mexique. La Guadalupe est le symbole de la foi catholique et des cultes précolombiens, à la fois. C'est l'intime mélange culturelle et raciale qui a donné naissance de Mexique. Le pauvre Juan Diego, Indien converti qui, un matin de 1531, eu l'apparition de cette vierge de sa race l'interpellant sur la colline de Tepeyac, n'eût jamais imaginé qu'ici prenait source un culte aussi extraordinaire. L'événement ayant bien entendu donner une sérieuse impulsion à la conversion des "païens".
L'indienne allait bientôt être déclarée patronne de cette nouvelle Espagne qui n'a depuis cessé de l'adorer. Chaque 12 décembre se déroulant en son honneur la plus grandiose kermesse du Mexique, aussi fétichiste que catholique. Et, toute l'année, des centaines de milliers de pèlerins viennent l'implorer en sa basilique, nouvelle et superbe. Jeunes ou vieux, ils se traîneront sur des genoux écorchés à travers l'immense parvis, l'espérance aux du regard. Car, si on vient la voir de très loin, si son image veille sur les foyers, les voitures, les instruments de musique... C'est que d'elle dépend l'échec ou la réussite. C'est parce que cette petite madone aux yeux tristes et aux mains pourtant si petites reçoit sans compter les angoisses et les espoirs de tout un peuple, qui peut tout lui demander.
Guadalupe est souvent considérée comme un mélange des cultures qui ont formé le Mexique, par la population et la religion. Guadalupe est parfois appelée la "première métisse" ou "la première Mexicaine".
Une théorie veut que la Vierge de Guadalupe ait représenté pour les Aztèques une version christianisée de Tonantzin, nécessaire pour convertir les Indiens à la vraie foi. Comme l'écrit Jacques Lafaye: "... de même que les Chrétiens ont construit leurs premières églises avec les colonnes des anciens temples, ils ont souvent emprunté les coutumes païennes pour leur propre culte".
Une vision alternative est que Guadalupe-Tonantzin a permis aux Américains d'adorer de manière détournée leur propre déesse sous une forme chrétienne, des schémas de culte syncrétiques semblables se voient dans toute l'Amérique catholique (Vaudou, Santería). Le syncrétisme religieux de la Guadalupe est soit loué, soit taxé de diabolique . La Vierge de Guadalupe n'en demeure pas moins un commun dénominateur unissant les Mexicains malgré leurs différences linguistiques, ethniques et sociales.
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| Comme le dit David Solanas : "Nous avons foi en elle. Elle est la mère de tous les Mexicains." Les Mexicains la surnomment souvent affectueusement "Lupita".
L'origine du nom "Guadalupe" est sujet à controverse. Selon un texte du XVIe siècle, la Vierge s'identifie elle-même à Guadalupe quand elle apparaît à l'oncle de Juan Diego, Juan Bernardino. On a aussi suggéré que "Guadalupe" est la déformation d'un nom nahuatl, "Coatlaxopeuh", qu'on a traduit par "qui écrase le serpent. Dans cette interprétation, le serpent fait référence à Quetzalcoatl, l'un des principaux dieux aztèques, que la Vierge Marie "écrase" en inspirant la conversion du peuple indigène au catholicisme. Cependant, de nombreux historiens pensent que le lieu de pèlerinage de 1533 était dédié à Notre Dame de Guadalupe en Estrémadure, et non à la Vierge mexicaine vénérée de nos jours.
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|  | |  | | Autel du jour des morts |  | Pour guider les âmes, un chemin de pétales de fleurs est réalisé de la rue jusqu'à l'autel. Des prières sont récitées et de la musique est jouée. Les Mexicains, qui sont presque tous catholiques, débutent leur journée en priant les défunts, et la terminent en buvant à leur santé. Le mexicain n'a pas peur de la mort, il se moque d'elle, joue avec, et même cohabite. C'est une coutume qui pour nous, nous semble choquante voire provocante car la mort est traitée comme un personnage quasi humain avec familiarité et dérision...Ne serait-ce pas tout simplement une autre manière d'aborder la vie et par là même d'intégrer plus naturellement et sans honte cette mort qui nous fait peur et nous fascine ?
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 | |  | | Día de los Muertos |  | | Des familles se recueillent devant les défunts |
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 | |  | | Día de los Muertos |  | Les familles se rendent au cimetière, là où reposent leurs proches, et campent autour des tombes. On allume des cierges pour éclairer la route des morts qui viennent ainsi se rassasier aux nombreuses offrandes. Outres la nourriture préférée du défunt, on trouvera aussi bières, cigarettes et des effets personnels du défunt. Les tombes sont recouvertes de fleurs de Cempasuchil, souvenir d'une ancienne coutume méso-américaine.
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 | |  | | Fête des morts |  | | Calaveras, bombons en sucre. |
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 | |  | | Día de los Muertos |  | | Les proches des défunts passent la nuit sur les tombes à se recueillir. |
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 | |  | | Día de los Muertos |  | | Recueillement pour cette habitante de Morelia. |
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 | |  | | Fête des Morts |  | | Cette poupée es destinée vaux rites funéraires. |
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 | |  | | Basilique de la vierge de Guadalupe |  | La nouvelle Notre-Dame de Guadalupe fut inaugurée le 12 octobre 1976. Elle a été conçue par l'architecte mexicain Pedro Ramirez Vázquez.
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 | |  | | Culte de la Vierge de Guadalupe |  | | Célébration du 12 décembre |
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 | |  | | Adoration de la Vierge |  | Apparition de la Vierge à l'Indien Juan Diego.
"Le sanctuaire mexicain de Notre-Dame de Guadalupe, vieux de quatre siècles, attire chaque année quelque 20 millions de pèlerins: c'est le plus grand sanctuaire marial du monde. La Vierge Marie y est déjà invoquée comme, la "Reine" de toute l'Amérique et "l'Étoile de la première et de la nouvelle évangélisation". (...) Le sanctuaire doit en effet son origine, rappelle Jean-Paul II, aux apparitions de la Vierge Marie à l'Indien Juan Diego - proclamé bienheureux en 1990 -, sur la colline de Tepeyac. C'était en 1531. Ces apparitions, précise le pape, eurent "des répercussions décisives pour l'Évangélisation".
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